Le mois d'août est généralement un peu plus calme en terme d'observations, les oiseaux sont discrets, chantent peu étant occupés avec les jeunes de l'année et certaines espèces nous quittent déjà pour le sud. Les limicoles ont déjà commencé à apparaitre dans le Bas Saint-Laurent, le plus hâtif étant le magnifique courlis hudsonien déjà observable sur nos rives. La migration d'automne est à nos portes et typiquement, les raretés y sont plus fréquemment observables entre la fin octobre et le début novembre selon cet excellent article d'André Desrochers (https://tendornqc.quarto.pub/blog/posts/p231103/ ).
Mais cette année pourrait être bien particulière. En effet le phénomène climatique El Nino sera particulièrement intense cet automne et possiblement jusqu'au printemps 2027 (https://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/enso_advisory/ensodisc.shtml ). Chaque épisode d'El Nino étant différent, et celui de 2026/27 étant particulièrement intense, il est difficile de prévoir ses effets au Bas Saint-Laurent mais on pourrait s'attendre à du temps un peu plus doux et possiblement plus sec (https://donneesclimatiques.ca/nouvelle/renseignez-vous-sur-les-changements-climatiques-el-nino/ ).
Alors quel impact pour la migration aviaire? Cela dépendra de la période spécifique et des espèces.
Les migrateurs qui nous quittent normalement entre août et novembre pourraient retarder leur départ si la température reste douce et que la nourriture demeure disponible un peu plus tard qu'habituellement, comme les insectes pour les parulines, ou les repousses de trèfle dans les champs pour l'oie des neiges. La trajectoire des routes migratoires pourrait varier. En effet El Nino modifie la trajectoire des systèmes qui normalement produisent des vents nord-est, ceux-là mêmes qui aident nos migrateurs à voyager vers le sud. El Nino a également pour effet de diminuer la quantité d'ouragans dans l'Atlantique et jusqu'à maintenant c'est assez calme. Mais il en suffit d'un qui remonte jusqu'en Nouvelle-Écosse pour amener des espèces pélagiques profondément dans l'estuaire. Alors que ce soit en Matanie, à Rimouski, dans les Basques ou le Kamouraska, en forêt, sur les berges ou lors d'une traversée, profitez d'un automne qui pourrait être remarquable et nous récompenser de belles surprises ornithologiques.
Au plaisir de vous croiser sur le terrain.
Guillaume Perron, administrateur COBSL
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